| (5) |
|
Voir aussi : Les
débuts du radiosondage 1920-1945 - Les radiosondes à tubes de 1940 à
1970 - Caractéristiques
de l'atmosphère standard - Calcul de la pression atmosphérique
avec la loi de Laplace - Variations
de la vitesse de montée d'un ballon-sonde - La rawinsonde ou radiovent
- Rawinsonde Mesural avec
barocontacteur - Le
barocontacteur Mesural type BA 2900 -
Dans les radiosondes anciennes, la pression atmosphérique
mesurée pendant la montée n'est pas toujours transmise
en permanence pendant celle-ci. Comme c'est une information sans
surprise parce que diminuant naturellement de façon régulière
et que la vitesse de montée du ballon est quasiment stable
(voir : Variations de la vitesse
de montée d'un ballon-sonde), il suffit de la transmettre
de temps à autre pour permettre à l'opérateur
chargé du dépouillement des données de vérifier
que l'altitude prévue est bien atteinte au bon moment.
Mais le barocontacteur n'est pas seulement un moyen de traduire
la pression atmosphérique en signaux électriques,
c'est aussi un commutateur dont le rôle est aussi de sélectionner
tour à tour :
- le capteur dont sera transmise la mesure (P, T ou U)
- l'élément de référence (condensateur
ou résistance fixe) pour en transmettre la valeur.
Le barocontacteur a été imaginé et mis au
point dans les années 1936-37 par Harry Diamond, Wilbur
Stanley Hinman et Francis Winkley Dunmore du National Bureau of
Standards. Leur but était alors de concevoir une radiosonde
équipé d'un système de codage sans moteur,
mouvement d'horlogerie ou moulinet.
Principe de base
On peut considérer
un barocontacteur ou baroswitch comme un commutateur à
1 circuit et n positions, "n" pouvant prendre une valeur
allant de 10 à 200.
Sur la photo ci contre, on peut voir le barocontacteur de la Sprenger E-050 composé
de :
P : capsule de Vidie
C : levier dont l'angle de rotation est directement proportionnel
à la dilatation de la capsule
B : piste constituée d'une plaque conductrice en
aluminium recouverte partiellement d'un vernis de couleur verte,
les traits et inscriptions restés en blanc indiquant l'absence
de vernis.
Lorsque le curseur C passe sur un des 16 traits, un contact
électrique est établi qui peut servir, par exemple,
à manipuler la porteuse de l'émetteur.
Exemple :
Au moment du lâcher et pendant quelques minutes la sonde
émet un signal continu sur la fréquence HF de 2300kHz.
Au bout de 3 minutes le curseur passe sur le premier trait. Le
contact électrique est fermé et un condensateur
de quelques picofarads est introduit dans le circuit oscillant,
la fréquence de l'émetteur fait un saut de 15kHz
et se retrouve à 2285kHz. L'enregistreur graphique transcrit
le changement de fréquence ; l'opérateur sait alors
que, d'après la courbe d'étalonnage, la sonde est
à une altitude de 1000m environ où la pression est
de 1000hPa correspondant au premier trait. Au bout de quelques
secondes (dépendant de la largeur du trait et de la vitesse
de montée) le signal revient sur la fréquence initiale
de 2,3MHz.
Comme le curseur se déplace toujours dans le même
sens, bien qu'à une vitesse qui peut varier quelque peu,
les signaux transmis au moment du passage sur les traits seront
envoyés dans l'ordre et permettront de connaître
le moment de passage de la sonde à un certain niveau.
Pour qu'une perte dans la transmission au moment d'un changement
de niveau n'introduise pas de confusion dans les mesures, le 5ème
et le 10ème trait est doublé. L'opérateur
peut alors recaler son tableau de mesures.
Le barocontacteur
type BA 2900 fabriqué par Mesural dans les années
1970 utilise un système très similaire agissant
sur un oscillateur BF servant de modulateur à l'émetteur
transistorisé.
Un barocontacteur à tambour
Autre technique, le barocontacteur de la sonde allemande Kölzer-Graw
dont on voit un détail ci-contre.
Le tambour de codage (rep. C) montre des lamelles métalliques,
toutes reliées entre elles par le plateau bien visible
et séparées par des plages isolantes brunes. Il
est monté sur un axe fileté d'une gorge dans laquelle
vient s'enrouler une petite chaînette F dont l'extrémité
est serrée en temps normal (ici elle est décrochée)
dans une douille (rep. P) soudée en bout du tube
de Bourdon donc on distingue la section fuselée. Les faibles
déplacements de la douille P, provoqués par les
déformations du tube de Bourdon, sont amplifiés
par ce dispositif qui s'apparente à un treuil.
Le ressort spirale R a pour rôle de tendre la chaînette.
La lame de contact L frotte sur le tambour et ferme le
contact lorsqu'elle touche une barrette. On remarque aussi deux
barrettes très rapprochées qui permettent à
l'opérateur de vérifier que la réception
des tops de changement de niveau d'altitude n'a pas été
interrompue.
Ce type de barocontacteur a une particularité : le tambour,
en pouvant faire plusieurs tours, permet de transmettre un plus
grand nombre de niveaux que le précédent exemple.
Le barocontacteur de la radiosonde AN/AMT-2C
Les deux photos qui suivent montrent d'abord l'allure générale
d'un barocontacteur qui a régné pendant des décennies
sur le monde des radiosondes étasuniennes puis en gros-plan
le détail de la piste de codage.
Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas d'un potentiomètre
mais d'un contacteur à 3 plots (rep. 1, 2
et 3) dont l'ordre d'exploration par le curseur C
varie en fonction du secteur de la piste où évolue
ce curseur.
Ainsi, en partant de l'extrémité gauche (sur la
photo de droite...) le curseur entrera en contact avec, dans l'ordre,
les plots :
1,2,2,2,2,1,2,2,2,2,1,2,2,2,2,1,2,2,2,2,1,2,2,2,2,1,2,2,2,2,3,2,2,2,2,1,2,2,2,2,1,2,2,2,2,3,2,2,2,2,1...
Si le capteur de température est relié au plot 1,
celui d'humidité au plot 2 et une résistance ou
un condensateur de référence au plot 3, au total
ce seront 150 mesures qui pourront être transmises, au maximum,
puisque la piste ne comporte que 150 traits.
Un tel barocontacteur peut être considéré
comme un dispositif permettant de transmettre une des informations
T ou U, non plus en fonction du temps mais en fonction de la pression
(donc de l'altitude).
|
|
Le barocontacteur de la radiosonde
Friez-Bendix
Plus ancien que celui de la radiosonde AN/AMT-2C de Molded Insulation
Company décrite précédemment ; il date des
années 40 mais son principe est le même.
Ici la piste est constituée d'un empilage de petite lames
métalliques séparées par les lames isolantes.
Les lames conductrices sont reliées entre elles de façon
similaire à la piste du barocontacteur précédent.
|
|
|
|
|
|
Schéma de principe du barocontacteur
résumé à 3 positions. 1 : mesure de R (*) 2 : mesure de R+T+U 3 : mesure de R+U (*) le but n'est pas de mesurer R seule, mais de caler à zéro le circuit de décodage |
(C) curseur mû
par la capsule de Vidie ; relié à la masse. (R) Résistance fixe (T) Thermistance du capteur de température (U) Hygristor du capteur d'humidité Par comparaison avec la figure de gauche, le curseur peut prendre trois positions : 1 : barrettes bleues larges 2 : entre deux barrettes 3 : barrettes vertes |
Peut-on considérer le système
de codage de cette radiovent comme un barocontacteur ? Oui si
on considère qu'il permet de transmettre un signal propre
à chaque changement de niveau d'altitude (51 niveaux au
total).