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 Radiosonde ONM type RGS 1948 "Copel et Lecadet"
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Voir aussi : Les débuts du radiosondage 1920-1945 - Les radiosondes à tubes de 1940 à 1970 - Le système de codage de la radiosonde O.N.M. - METOX type CT années 50 -


Historique

Les principes de cette radiosonde ont été établis avant la guerre par Robert Bureau pour l'ONM, l'Office National Météorologique fondé en 1921, mais fabriquée à partir de 1948. Elle a succédé à la radiosonde fabriquée en 1947 par la société Constructions mécaniques et électriques P. de PRESALE qui remplaça elle-même la radiosonde Bendix-Friez à partir de 1947 dans les stations de radiosondage françaises. Le libellé du modèle "O.N.M." ne signifie par qu'il a été conçu avant que l'Office ne devienne la "Météorologie Nationale" le 19 juillet 1945 car cet acronyme était encore utilisé en 1948 dans les documents officiels.
Le système de codage est le même que la radiosonde Bureau conçue pour l'année polaire 1932-1933, à quelques détails près. Il est basé sur le "principe d'Olland", c'est à dire que les valeurs physiques mesurées sont transformées en signaux de durées proportionnelles à ces valeurs et transmises chacune à leur tour. Son fonctionnement est décrit dans cette page : Le système de codage de la radiosonde O.N.M.
La plaque indicatrice clouée sous le châssis en bois porte les indications suivantes :
COPEL et LECADET
Ingénieurs - Constructeurs
36, Rue de Turin, Paris VIII°
Europe 55-51
Type : R.G.S.    Série : A40
N° : 2401           Modèle : O.N.M.


La sonde Metox CT qui lui succéda entre 1952 et 1955 a hérité de son allure générale et de certains de ses composants comme la triode 1J6 ou la self de l'émetteur..


Description

Le boîtier est en carton métallisé. Il est ouvert en dessous et au-dessus pour laisser circuler l'air autour des capteurs. Trois anneaux fixés avec de courtes sangles au boîtier permettent de suspendre la sonde au ballon. Le mécanisme d'horlogerie se remonte comme une pendule, avec une clef que l'opérateur introduit dans un trou situé dans le fond du boîtier.
Une cheminée (absente sur les photos) prolonge la veine dans laquelle sont placés les capteurs, au-dessus et en dessous ; son rôle est de canaliser l'air en évitant les effets du rayonnement solaire sur les capteurs. On note que la chaleur dégagée par la lampe d'émission n'a pas été considérée comme nuisible pour les mesures par les concepteurs de la sonde puisqu'aucune cloison ne bloque ni son rayonnement ni l'air réchauffé à son contact.
 
Vue de dessus
 
  Vue de dessous
 (K) passage de la clef pour remonter le mouvement d'horlogerie
 (P) Capteur de pression
 (T) Bilame métallique (capteur de température


Le châssis est simplement posé dans la boîte. Le compartiment des piles (absentes) est facilement accessible.

 
 (A) Emplacement des piles
 
  Le châssis vu de dessous



Caractéristiques

Dimensions : Longueur : 260 mm - Largeur : 133mm - Hauteur : 180mm
Masse : 934g sans piles
Fréquence : bande des 27-30 MHz
Alimentation : une pile de 3V pour le chauffage du filament et une autre de 150V pour l'alimentation de l'anode, toutes deux groupées dans le même boîtier. Il pouvait s'agir de piles amorçables à l'eau salée.
Puissance d'émission : inférieure à 2W


Capteurs et système de codage

La photo ci-contre montre les trois capteurs qui sont placés tous les trois dans le passage ménagé dans le boîtier.
Pression :
Trois capsules de Vidie empilées. Leur dilatation est communiquée au dispositif de codage par une tringle.
Plage de mesure : 1040 à 20 hPa
Température :
Bilame métallique cylindrique Invar/acier. Sa déformation est transmise également par une tringle.
Plage de mesure : -80 à +30 °C
Humidité :
Un faisceau (on pourrait dire "une mèche") de cheveux d'une longueur de 10cm environ est tendu entre deux points fixes. Un fil, relié au centre du faisceau, transmet les variations de la flèche dépendant des variations de longueur des cheveux.
Plage de mesure : 20 à 100%

Principe du système de codage.
A chacun des capteurs correspond un plot de contact qui pivote approximativement autour d'un axe aligné avec celui du doigt d'exploration.
Ce dernier est entraîné par un mouvement d'horlogerie dans le sens trigonométrique (en regardant les photos ci-dessous).
Un plateau fixe, nommé "plateau d'exploration" (repère S) comporte trois languettes (agissant comme les plots d'un commutateur) dont le rôle est de servir de contact de synchronisation pour chacune des mesures.
Lorsque le doigt d'exploration C passera devant le plot Su il établira un contact qui manipulera le signal de l'émetteur puis en touchant le plot de mesure de l'humidité (rep. U) il fermera à nouveau le contact. Le temps séparant les deux contacts est proportionnel à l'allongement du faisceau de cheveux servant de capteur d'humidité.
Après la mesure d'humidité c'est au tour du capteur de température puis à celui du capteur de pression. Un cycle dure 30 secondes.
Pour faciliter la mesure du délai correspondant à chacune des mesures, la porteuse de l'émetteur est découpée en tops groupés par paquets de 10, le dixième étant absent pour faciliter le comptage. L'organe générant les tops est un rupteur actionné par une roue comportant 9 dents plus une dent manquante (voir plus bas dans la section "Emetteur")


 
 (C) Doigt d'exploration entraîné par le mouvement d'horlogerie
 (H) Mouvement d'horlogerie
 (P) plot de mesure de la pression
 (S) plateau de support des plots de synchronisation
 (T) plot de mesure de la température
 (U) plot de mesure de l'humidité
 (X) Axe du doigt d'exploration
   (C) doigt d'exploration entraîné par le mouvement d'horlogerie et tournant dans le sens trigo.
 (S) plateau de support des plots de synchronisation
 (Sp) plot de synchronisation Pression
 (St) plot de synchronisation Température
 (Su) plot de synchronisation Humidité
 (T) plot de mesure de la température
 (U) plot de mesure de l'humidité


Emetteur

C'est un oscillateur libre symétrique équipé d'une double-triode 1J6 et qui fonctionne aux environs de 27-30MHz. Il est manipulé par tout ou rien par les deux rupteurs montés en parallèle et placés dans le circuit d'alimentation d'anode.
L'antenne est un doublet demi-onde vertical, le boîtier de la radiosonde étant placé en son point d'alimentation central, le brin inférieur est lesté par un petit contre-poids.
 
 (C) Condensateur ajustable
 (L) Self sur mandrin de section carrée
 (R) Résistance
 (T) Tube double-triode référence 1J6
   (D) roue dentée à 10 dents moins une (emplacement marqué par la flèche verte)
 (K) rupteur


Sources

- examen de l'exemplaire RSM-028 de la collection de Payerne.
- Bilan des travaux de la Météorologie française : Juillet 1945 - Juillet 1956 par André VIAUT - Direction de la Météorologie nationale 1957
- The invention and development of the radiosonde par Dubois, Multhauf et Ziegler - Smithsonian Institution
- Le Génie Civil février 1938
- Cours de radiosondage et gonio-sondage par Marc et Gondet - MF 1947
- Ciel et Terre 1937

Remerciements

- Radiosondeurs de Payerne