| (0) |
|
Voir aussi : Lâcher
d'un ballon-sonde - Les
dérouleurs de ficelle - Les
enveloppes de ballons-sondes - Le
décodage des radiosondes -
Le décodage des radiosondes équipées
de GPS pour transmettre leur position avec précision montre
parfois que le boîtier de la radiosonde trace dans le ciel
des courbes gracieuses et plus ou moins régulières.
Au-delà de l'étonnement et du plaisir à les
contempler, les chasseurs de radiosondes ont cherché à
comprendre les phénomènes qui produisent ces jolies
arabesques.
Constats
Que ce soit pendant
la phase de montée ou celle de descente sous parachute,
il arrive de temps en temps que la trajectoire dessinée
par SondeMonitor présente de jolies arabesques au lieu
d'une trajectoire bien régulière. Il ne s'agit pas
d'un défaut du GPS mais d'un mouvement du boîtier
de la sonde qui peut être du à deux raisons assez
faciles à expliquer : la dérive du parachute lors
de la descente, et le balancement régulier semblable au
mouvement d'un pendule.
Mouvement de pendule
Le spectateur qui assiste au lâcher d'une radiosonde
dont la ficelle est déroulée, remarque sans surprise
que le boîtier se balance au bout de sa ficelle à
la manière du pendule d'un sourcier. Cette oscillation
tend à s'amortir et la sonde suit alors sagement le ballon,
jusqu'à ce qu'une perturbation (lors de la traversée
d'une zone de turbulence, par exemple) relance le balancement.
C'est le cas de cette M10 de Trappes décodée par
Denis F4FKB à l'est de Nevers le 10/02/2013. Le tracé
en festons plutôt qu'en forme de sinusoïde est dû
au fait que le balancement n'est pas linéaire, de gauche
à droite par exemple, mais que le boîtier décrit
un cercle et qu'il est entraîné par la masse d'air.
La forme globale de la trajectoire a une allure grossièrement
trochoïdale, celle d'un ressort étiré et aplati.
L'amplitude des mouvements est relativement faible
(5 à 15m) et ils sont réguliers comme le mouvement
du balancier d'une horloge comtoise. Sur la figure ci-contre la
M10 a rencontré dans sa descente des vents de directions
opposées mais n'en a pas cessé pour autant son balancement
régulier.
Interprétation théorique
|
En grossissant
une courte portion de la trajectoire représentée
sur la figure précédente on peut observer plusieurs
détails et tenter de les expliquer. Sur la figure de droite les arches font partie d'une sorte de trochoïde, courbe parfois appelée à tort épicycloïde, que l'on cite habituellement pour désigner la trace d'un point situé sur une roue (la valve, par exemple) qui roule en ligne droite et sans glissement sur un plan. Ici la courbe décrite n'est qu'une "sorte" de trochoïde car la roue imaginaire patine ou dérape en fonction de la vitesse de déplacement de la sonde dans la masse d'air. Le segment d, d'une longueur de 18m correspond au diamètre des cercles décrits par le boîtier de la radiosonde et les longueurs AB, BC ou CD sont égales à la distance parcourue par la sonde pendant la durée d'une oscillation. Dans le fichier de décodage on relève pour les différents points marqués sur la figure : - A 02:02:28 - 46.9981 / 3.4207 - 1945m - - B 02:02:40 - 46.9977 / 3.4213 - 1919m - - C 02:02:52 - 46.9973 / 3.4219 - 1894m - - D 02:03:03 - 46.9969 / 3.4225 - 1871m - Par soustraction il est facile de calculer le temps écoulé entre deux points, c'est à dire la période T du mouvement oscillatoire : - Entre A et B : T = 40 - 28 = 12s - Entre C et D : T = 03+60 - 52 = 11s Comme le parachute P a une très faible masse et des dimensions réduites, que la ficelle (de 30m de longueur) a une masse faible par rapport à celle du boîtier de la radiosonde, on peut considérer que le système est un pendule simple dont la période se calcule grâce à la formule ci-contre : T = 2 x 3.14 x RACINE (30 / 9.81) = 11 secondes |
|
|
Si l'on cherche à calculer
la période du pendule formé par le ballon, le parachute,
la ficelle et le boîtier de la sonde, la valeur trouvée
à l'aide de la formule utilisée dans le paragraphe
précédent ne correspond pas à celle mesurée
lors du décodage. Par exemple, les oscillations de cette
radiosonde de Toulouse 86 minutes après son lâcher
ont une période mesurée de 16 ou 17 secondes. La
longueur de sa ficelle mesurée par le chasseur qui l'a
découverte est de 34m et le calcul de la période
basée sur cette longueur nous donne 11,7 secondes.
Lors de la descente
il est assez fréquent que le parachute et les restes du
ballon se mélange pour former un paquet informe chutant
à une vitesse supérieure à 10m/sec. Dans
ce cas, la trace est plutôt aléatoire.
![]() |
![]() |
|
| Vitesse et direction du vent mesurée à sept secondes d'intervalle. Un sévère lissage des données est nécessaire. | La masselotte a un diamètre de 10cm environ. (photo de Michel F6GVH) |